Édito
L’an dernier, mon frère Yohann et moi avons repris le GAEC familial au moment du départ à la retraite de notre père. Aujourd’hui, nous exploitons 208 hectares en polyculture-élevage. Notre activité repose sur un troupeau de 200 UGB de bovins viande de race Aubrac, ainsi que sur un atelier piscicole de truite arc-en-ciel. Notre modèle est fondé sur l’élevage et sur la recherche d’une forte autonomie alimentaire.
À Viviers-les-Montagnes, les parcelles du projet agrivoltaïque représentent 16 ha sur un site clôturé et global de 58 ha. Ces parcelles concernent un site historiquement dédié à l’élevage. Elles disposent déjà des bâtiments de contention et de stockage, des paddocks et des accès à l’eau. L’herbe y occupe donc une place centrale pour nourrir le troupeau, ce qui conforte notre orientation vers un système centré sur l’élevage et la fauche/pâture depuis des décennies et d’orienter la production de céréales sur d’autres parcelles plus adaptées.
Cependant, nous faisons face à une évolution climatique très marquée : sécheresses plus longues de mai à septembre, baisse des rendements fourragers de 10-15 % en 10 ans selon moi, affourragement nécessaire dès la fin du printemps, dépérissement de chênes de plusieurs décennies, et veaux plus exposés à la déshydratation, notamment après les mises-bas.
Nos priorités sont claires : maintenir au minimum une cinquantaine de têtes sur le site de Viviers-lès-Montagnes, en intégrant les parcelles agrivoltaïques, préserver notre autonomie afin de ne pas dépendre des fluctuations du marché, et garantir le bien-être de nos animaux pour assurer une valorisation optimale des veaux, d’autant plus dans un contexte de hausse des cours.
C’est dans ce contexte que l’agrivoltaïsme prend tout son sens pour nous. Ce projet ne remplace pas l’agriculture : il la sécurise. L’ombre apportée par les panneaux permet de protéger le troupeau, de maintenir une ressource en herbe plus longtemps et de sécuriser la production fourragère. L’objectif est de conserver un système cohérent, de produire et stocker sur place, et de faire vivre durablement la ferme.
Loïc Michel VRITONE, Yoann Nicolas VRITONE, Philippe VRITONE
GAEC La Mouline de Sahuzet